René,
Nous ne dirons jamais assez à quel point nous te sommes redevables de toute la générosité dont tu entourais ceux qui travaillaient à tes côtés, dans ton inlassable curiosité à écouter, à te saisir d’un détail et donner l’étincelle qu’il faut pour avoir du cœur à l’ouvrage.
Nous avons chacun notre petit bout d’histoire avec toi, décousu, anecdotique, mais c’est un peu notre "servante", cette lampe posée sur un haut pied qui reste allumée quand le théâtre est désert. Je m’y raccroche souvent pour me donner confiance.
Nous ne dirons jamais assez combien nous avons ri et travaillé dans ce rire clair. C’est un peu de cette malice que nous voulons garder de toi pour dédramatiser ce qui nous paraîtra vain.
Lorsque nous avons fêté les 20 ans de l’Observatoire, nous t’avons demandé de nous raconter ses débuts, sa fondation, sa mission. Je garde par devers moi le souvenir admiratif de ta passion et de ta conviction pour me servir de boussole dans ces prochaines années.
Josette, Nathalie, Pierre. Je partage profondément votre tristesse et me tiens à vos côtés dans ce moment douloureux.
Lisa Pignot, OPC
Je m’associe à toute la communauté culturelle pour regretter la disparition de René Rizzardo.
Je souhaite que son œuvre s’incarne chaque jour un peu plus dans les projets de nos collectivités. J’adresse à ses proches une énergie de lumière et de compassion.
Bien à vous,
Marie-Christine Duréault-Thoméré, Directrice déléguée à l'observation, Culture O Centre, Ateliers de développement culturel
Cette nouvelle m'attriste car récemment encore nous parlions au téléphone de Culture et de Territoire et d'action culturelle entre autres dans les Hautes-Alpes. Cet homme avait un regard aigu sur l'Art et la culture, une vision très pointue de la Culture dans son rapport au territoire.
Sa pensée, sa rare gentillesse et sa cordialité font de lui un homme rare, apprécié et appréciable tant par son professionnalisme que par sa rigueur intellectuelle.
A sa Femme, à ses Enfants, aux Siens, je présente toutes mes condoléances.
Frank-Eric Retière, Responsable du Service formation, ARCADE
Nous devons tous beaucoup à René Rizzardo, tant les travaux de l'OPC ont tracé le sillon de politiques culturelles mieux analysées, aux enjeux mieux compris, donc mieux construites ; et avec les politiques culturelles, ce sont les métiers culturels qui y ont trouvé de meilleures définitions, lisibilités, efficacités. Nous lui devons aussi pour une part non négligeable notre capacité à tenir les caps qui le méritent et trouver de nouvelles routes dans les tourmentes qui se lèvent.
Salut l'artiste !
Benoit Rivière, Directeur Adda 32
J'avais eu la chance lorsque j'étais en poste à la Faculté de droit de Grenoble d'intervenir à la demande de Monsieur Rizzardo dans le cadre de formations qu'il organisait à l'observatoire des politiques culturelles.
Je conserve le souvenir d'un ardent militant de l'action culturelle (à l'époque des discussions concernant les établissements publics de coopération culturelle), partisan du perfectionnement constant de l'organisation administrative de cette compétence. Une personne qui avait dédié son dynamisme et ses actions au citoyen administratif et au Service Public.
Bien que ne l'ayant approché que professionnellement, je suis profondément attristée par cette nouvelles et je présente, à tous ses proches et aux agents de l'observatoire qui l'ont accompagné durant tant d'années, ma plus profonde sympathie.
Catherine Ribot, Professeure de droit public, Directrice du CREAM
La Fondation Européenne de la Culture s’associe à la tristesse de l’équipe de l’Observatoire des Politiques Culturelle de Grenoble à l’occasion du décès de René Rizzardo. Son travail de pionnier et son infatigable engagement pour les politiques culturelles, en France et en Europe, auront profondément influencé tant les acteurs culturels que politiques et continue d’inspirer les jeunes générations travaillant sur le terrain culturel.
Au nom de la Fondation Européenne de la Culture, Odile Chenal; Isabelle Schwarz; Katherine Watson.
René Rizzardo est disparu le 6 avril dernier, à 69 ans. Un « homme juste » est parti.
De nombreux collègues se souviennent sans doute de son intervention remarquée au Congrès de La Rochelle en 1999. Il concluait son intervention par ces termes : « Ainsi, après la grande étape du développement, qui n’est pas terminée, après celle de l’économie culturelle, on pourrait penser, ce qui suppose un débat collectif, à l’étape de la démocratie culturelle et de la consolidation politique et institutionnelle des bibliothèques ». On retrouve ici les caractéristiques de la réflexion de René Rizzardo : rigueur, clairvoyance sans compromission, indépendance absolue de la réflexion. Formé par l’éducation populaire, ce technicien papetier est devenu permanent à Peuple et Culture de Grenoble, conseiller municipal chargé des jeunes et de l’animation socioculturelle puis adjoint chargé de la culture de Dubedout de 71 à 83, sans jamais renier ni ses origines modestes, ni l’éducation populaire. Fondateur de l’Observatoire des Politiques culturelles, conseiller indépendant de Jack Lang (« Rapport sur la décentralisation culturelle en 1990 »), puis de Catherine Tasca, René Rizzardo, devenu une figure incontournable des politiques culturelles, a informé, formé et conseillé d’innombrables élus et acteurs culturels de ces quarante dernières années. René Rizzardo n’a jamais voulu « faire carrière » : humble et pragmatique, toujours en marche (en montagne aussi…) et toujours modeste, sachant écouter et profondément persuadé de la force de la culture dans les relations entre les hommes, René a toujours été très proche des gens de terrain, avec chaleur et curiosité, questionnant toujours avant de parler, sachant faire entendre leurs voix et leurs analyses au plus haut niveau. Je suis très modestement de ceux qui lui doivent beaucoup, notamment à travers l’Observatoire des politiques culturelles de Grenoble. Il n’a ainsi jamais cessé d’animer un « laboratoire culturel » passionnant et fertile. Je reprends à mon compte ces mots, prononcés lors de ses obsèques : « Quelle chance nous avons eu de partager un peu, beaucoup, de son infinie sagesse. Mais ce n’était pas assez » ( Jean-Pierre Saez) ; « « René a accumulé par son expérience mais aussi par sa sensibilité, son insatiable et généreuse curiosité, par sa formidable humanité, une connaissance à nulle autre pareille de notre monde en mutation que nous rêvons meilleur » (Catherine Tasca).
Jean-François Jacques, THEKE-CONSEIL
Article paru dans BIBLIO(thèques)
René Rizzardo va beaucoup nous manquer en ces temps difficiles : la rigueur de ses analyses, son attention et son ouverture à la pensée des autres, son inflexible fidélité à ses engagements, mais aussi son indépendance à l'égard de tous les systèmes sont des vertus plus nécessaires et plus rares que jamais, à pratiquer sur le long terme et au jour le jour avec un courage constamment renouvelé.
René était aussi un ami d'une qualité rare : j'ai eu le bonheur de travailler avec lui à l'OPC pendant une dizaine d'années, et je ne l'ai jamais vu distrait de l'essentiel, découragé ou dupe des manigances alentour. Ferme et fraternel, il a tenu son cap, et il a mené sa lutte à Grenoble et à Paris, à la municipalité et au ministère, auprès des villes et des régions, et, en particulier à la tête de cet Observatoire qu'il avait fondé et qu'il a animé avec talent et imagination jusqu'au jour où, assuré du maintien de son oeuvre, il a décidé de passer la main.
Comment combler le vide qu'il nous laisse autrement qu'en poursuivant son combat et en restant fidèles aux convictions et aux valeurs qu'il a servies, souriant et tranquille ?
Il a marqué son temps, inoubliablement, et il reste avec nous pour frayer les chemins à venir.
Robert Abirached
Président de l’Observatoire des politiques culturelles (1990-2001)
Ancien directeur du théâtre et des spectacles au ministère de la Culture
Je suis très affecté par cette si triste nouvelle qui me touche profondément. Mes pensées vont vers la famille de René, ses proches et bien sûr en direction de Jean-Pierre et de l'ensemble de l'équipe de l'Observatoire.
Jean-Pierre Reismann, Chef du Service du développement et de l'action territoriale, DRAC Ile-de-France
L'Observatoire vient de perdre celui qui lui a tant donné.
La vie culturelle nationale doit beaucoup à René. Il nous a tous, a un moment ou un autre, accompagné et aidé durant notre vie professionnelle. Il laisse un grand vide et vous avez, vous les équipes de l'observatoire, à poursuivre le chemin afin que la culture reste un bien précieux et public.
Un ami nous quitte et je pense bien a lui.
Gilles PETTE, Directeur de Projet Louvre-Lens, Région Nord Pas de Calais
C'est avec une grande douleur que nous avons appris le décès de René Rizzardo. J'avais personnellement eu l'occasion de travailler quelques heures avec lui dans les années 80 dans le cadre de mes études. Au souvenir de sa grande disponibilité, de sa clairvoyance et de son engagement pour la culture, s'ajoutait pour moi le plaisir de découvrir ses rédactionnels.
Que ces maigres mots accompagnent ses proches dans l'épreuve douloureuse d'une disparition.
Jacky ROCHER, Directeur LA RAMPE
Hommage to René Rizzardo
On Wednesday, 7 April 2010, René Rizzardo, one of the leading French and world experts on cultural policy, passed away. A large part of the French media carried the news of his death, recognizing un utopiste modèle, un militant infatigable pour la culture, son engagement au service d'une pensée exigeante. René Rizzardo devoted his entire career to questions concerning the decentralization of culture and the establishment of a cultural policy which promotes the principles of democracy. He was one of the first thinkers of cultural decentralization. For him decentralization was the primary challenge of development.
In the nineteen eighties, in cooperation with Augustin Girard, another renowned cultural development and cultural policy specialist, Rizzardo founded the Observatory of Cultural Policies in Grenoble and became its first director. From this position, he held the view of an ambitious cultural policy, "open towards the future, which can be build only through a constant dialogue between the state, regions, territorial communities and cultural actors in all their diversity". Rizzardo defined decentralization as a multiplication of decision-making points, and the decomposition of the high principles and criteria on which cultural policies had been functioning until that time. This did not mean, as Rizzardo insisted, that these criteria were discarded on the local level, but rather that ways of their adaptation to the local conditions were sought. Decentralization is marked by the approximation of public cultural service to the users, but this service has found itself in a new situation, between tradition, contractual and legal regulations, and the responsibilities of professionals, which Rizzardo discussed in an early issue of the review Observatoire (Le service public de la culture entre tradition, règles contractuelles et juridiques, et responsabilités des professionnels, 1999).
Rizzardo advocated the evaluation of regional cultural policies (the definition of precise goals and establishment of an evaluation network), but at the same time he relativized the evaluation because it is typically employed only in times of crisis, lack of public discussion or development of cultural strategy in the field, which deprives it of transparency: "Transparency is necessary, or rather assigning the possibility of transformation to the evaluation process".
As advisor to the Council of Europe, Rizzardo brought the question of cultural decentralization to the European level. In the nineteen eighties and nineties, the Council of Europe established a number of programmes related to the place of culture in the policies of cities and regions. Rizzardo was the author of the final report of the Culture and Regions project (Culture et régions) in 1991, in which he underlined three fundamental cultural challenges for a Europe of regions: cultural networks and cultural exchange, a dialogue between the regional and the European identity, and culture as an element of regional development and cooperation. In spite of all changes, in some segments even quite rapid, which took place in Europe, including the understanding of decentralization and its dynamics, these three issues maintained their significance. The place of culture in the policies and strategies of cities and regions remained relevant today, as evident from the European meeting of local administrations held in Barcelona at the end of February 2010. As emphasized on this occasion, the transformation of local institutions in terms of achieving a more transparent, democratic administration is also expressed through the practice of "learning cities and regions", and it was precisely Rizzardo who, in his work, insisted on learning, education and the ability to open new developmental prospects on the local level.
The European dimension of Rizzardo's work should be emphasized, as well as his view of the fundamental role of networks in cultural development and international communication. The networking of experts and artists, has always been a significant theme in his thoughts on cultural policy.
Rizzardo was interested in questions of the position of artists in the framework of cultural policies: that is, the system of recognition of artists by the state, i.e. arts policy, and by territorial communities, who need to get involved more strongly. He discussed the modalities of support for the artists in a number of articles, for example, Artists and Cultural Policies, Some Questions (Artistes et politiques culturelles, quelques questions, 2000).
At the end of last year a comprehensive work on cultural decentralization was published, which Rizzardo edited together with Philippe Poirrier: A Shared Ambition? 50 Years of Cultural Decentralization (Une ambition partagée? 50 ans de décentralisation culturelle, 2009). The book encompasses the cooperation of the French Ministry of Culture and the territorial communities in the period between 1959 and 2009, analyzing this truly "long path of decentralization of culture and cultural policies", as Jean-Pierre Saez, Rizzardo's colleague and friend, and the present director of the Observatory of Cultural Policies put it. The continuous path of partnership between the state and territorial communities is a good indicator of the growth of cultural issues and the understanding of the developmental role of culture. The book is a testament of Rizzardo's perseverance, tolerance, openness, ability to conduct a dialogue, and vision of innovation, which remain an inspiration to all of us concerned with cultural policy.
The affirmation of cultural policies in France and Europe in the nineteen eighties and the new approach to the issue of decentralization are largely the merit of René Rizzardo. Symbolically, in a month a new Centre Pompidou will be opened in Metz, which is expected to become one of the most beautiful museums in the world. Numerous artworks from the Parisian Centre Pompidou will be transferred to this new museum. This project by the French government represents a new effort of decentralization, aiming to attract the public to places outside the capital. This museum may also be regarded as a true hommage to René Rizzardo.
Biserka Cvjeticanin, Directrice de CultureLink
Je partage, comme beaucoup au ministère certainement, la peine de ses amis de l'Observatoire, et garderai le souvenir d'un homme chaleureux et enthousiaste.
Philippe Geffre, Directeur régional, DRAC Limousin
Il est difficile de croire la triste nouvelle que je viens d'apprendre. Je remercie tous ceux qui m'ont permis de rencontrer ce cher René et d'apprendre à ses cotés. Ce qui me reste, comme tous ceux qui le connaissaient, c'est de garder ce cher souvenir - ce savoir et cette approche humaine de l'autre et de la culture.
Grenoble peut être fier de son rôle, ainsi que l'Observatoire, sa famille et ses amis.
Nansi Ivanisevic, Conseiller culturel, Split
J'ai rencontré et écouté pour la première fois René RIZZARDO à Lyon lors d'un colloque intitulé "Les Régions et la Culture" organisé par le Conseil de l'Europe en octobre 1991... Immédiatement, j'ai été séduit et quasiment... foudroyé par cet homme, sa façon de présenter les choses culturelles comme quelque chose de simple et évident ! L'année suivante, en poste à Lavelanet dans l'Ariège, je remplissais mon premier questionnaire de DAC envoyé par l'Observatoire des Politiques Culturelles de Grenoble sur l'action culturelle de cette commune de 8.000 habitants. Le ver était dans le fruit et en 2000 j'intégrais la 6ème promotion des DESS à mon grand bonheur et celui de retrouver cet immense personnage plein de sagesse et de pertinence face aux évolutions de la culture. Ses synthèses du vendredi, en fin de semaine, resteront gravés dans ma mémoire. A (mon) mentor, René, j'exprime ici toute ma gratitude et mon respect, pour l'éternité.
Roland POUSSE, Promotion DESS 2000-2001, DAC à MOISSAC (Tarn & Garonne , Midi-pyrénées)
Bonjour,
très touché par la disparition de René Rizzardo, un homme que je ne connaissait pas personnellement mais qui a accompagné mes années d'études en sociologie de la culture à l'Université de Rouen pendant les années 90. Une belle et grande personne qui a beaucoup apporté au secteur culturel et au développement des politiques dans le domaine. Une certaine émotion à l'heure où le secteur est chahuté et où la prise de hauteur et le recul semblent nécessaires, un grand coup de chapeau et merci monsieur Rizzardo.
Bertrand Landais, Direction et programmation, Espace culturel F.Mitterrand, Canteleu (76380)
Inutile de répéter ce que d'autres ont déjà écrit sur ce que René Rizzardo a apporté à la réflexion sur les fondements, les finalités, les objectifs et les modalités de mise en oeuvre des politiques culturelles ... A titre plus personnel, René restera pour moi, celui qui, aux côtés de Jean-Jack Queyranne, alors adjoint à la culture de Charles Hernu à Villeurbanne, a été l'animateur compétent et chaleureux du réseau des élus socialistes à la culture, un ami qui aura joué pendant ces années là un rôle décisif dans ma formation de tout jeune élu à Sartrouville, à la fin des années 70 et au début des années 80. René restera aussi celui qui m'a accompagné de ses conseils tout au cours des années qui ont suivi ...
Jean-Marc Lauret, ministère de la Culture
Bonjour,
C’est avec une immense tristesse que j’ai appris le décès de René Rizzardo.
Je ne l’ai pas vraiment connu, mais je l’ai rencontré.
Et de cette rencontre, lors de ma formation en 1999, j’en garde, un souvenir puissant.
Nous avons peu échangé, mais nous avons bien échangé.
Il était de ces personnes qui se sont forgés une capacité de travail et de réflexion rare.
Oui, dans le champs de la culture, de la politique culturelle, mais aussi dans celui de la reconnaissance des autres et dans cette humilité dont parle Jean-Pierre dans son hommage.
Mais je dois dire que le parcours de René Rizzardo me fascine.
Il fait partie de ces hommes cultivés autodidactes qui ont un peu “”quelque chose de plus” que la simple intelligence.
Ils portent en eux cette belle sincérité et cette immense générosité des hommes qui savent bien d’où ils viennent, qui savent aussi où il veulent aller et qui savent le partager.
Nous perdons ainsi un grand homme de culture au vrai sens du terme.
Philippe SCHLIENGER, Ancien stagiaire DESS 1999/2000, Alsace/Kingersheim
Je me souviens d’une réunion avec René à la mairie de Grenoble au milieu des années 70. On essayait de remettre sur pied l’école des Beaux-arts. Sa vision était moderne, respectueuse, intelligente. J’aurais aimé être son ami.
Jacques-Rémy Girerd, Folimage
Pour honorer le départ de René Rizzardo, voici plutôt, comme il aimerait le faire, une grande question à mettre au débat public :
Avec la mondialisation et le développement des industries culturelles transnationales, y a t’il encore place en France pour un « monde de la culture » ? Verrons-nous bientôt des hordes de commerciaux et de jeunes journalistes pdg de sociétés de prod nous définir la nouvelle norme artistique ? Faut-il annoncer la disparition de cette « spécificité locale » qui fait que ce monde de la culture est bien souvent un « petit monde culturel », qui vit entre soi et trop souvent s’auto-légitime ? Faut-il s’en réjouir ou au contraire le blâmer ? Ce microcosme, dont il faut savoir s’extraire, permet en France le meilleur mais aussi le pire, et il est peuplé de « figures » tout à la fois incontournables et parfois inamovibles. Aussi dans l’improbable défilé des personnages croisés ces dernières décennies, on se rappelle forcément de René Rizzardo qui semble voler à mille lieux de là dans l’altitude qui lui est chère.
Nécessairement, vous avez dressé l’oreille un jour dans un colloque, pour entendre soudain une synthèse lumineuse ou une mise en perspective limpide, après deux jours d’endormissement. Voilà un orateur qui ressemble à un ascète ou bien à un moine et qui pourtant arriverait à réveiller la salle ? Plus tard vous aurez lu ces célèbres éditos poils à gratter ou bien sources de nouvelles inspirations ?
Pour tant d’animaux tristes vivant de trafic d’influence et de renvoi d’ascenseur rencontrés et aussi vite oubliés, je remercie René Rizzardo de nous avoir fait aimer ce « monde de la culture » par les qualités humaines qu’il y a mises : exigence, honnêteté, éthique, fidélité. Je le remercie plus personnellement pour les conseils qu’il m’a donnés, depuis qu’il y a quinze ans j’apprenais le rude métier de « responsable culturel » à Arc & Senans, puis quelques années après, lorsque j’entrepris de le transmettre à de plus jeunes que moi. J’aime aussi chez lui cette sorte de parcimonie et son goût de la province, qui est également le mien.
Quant aux « politiques culturelles », elles ont eu leur observatoire, à la manière des observatoires astronomiques : loin des lumières de la ville pour mieux voir les étoiles… Mais le travail ne fait que commencer : il reste un long chemin à parcourir vers la « démocratie culturelle » à laquelle nous travaillons aujourd’hui, et je voudrais faire un voeu, si René Rizzardo le veut bien : que cette rencontre au moment de son départ/anniversaire soit également l’occasion de renforcer les liens de celles et ceux qui pensent que la culture sert aussi à partager des valeurs. Finalement, c’est peut-être cela notre « exception culturelle »...
Luc Gruson, Directeur de l’Adri, Professeur associé à l’Université de Besançon.
14 février 2002, à l’occasion du départ à la retraite de René Rizzardo
J’ai connu René RIZZARDO dans les années 75. J’étais alors responsable de la Fédération Léo Lagrange dans le Sud Est de la France. Nous essayions alors, à Marseille, de commencer une mutation qui irait du socioculturel à la culture, sans pour autant trahir les associations, qui irriguaient littéralement les quartiers. Je veux dire que nous voulions que notre progression ne casse pas les multiples formes d’engagement citoyen qui existaient alors.
Nous essayions aussi de mettre en place des Comités d’Intérêt de Quartier et sur ce point l’expérience des Groupes d’Action Municipales de Grenoble pouvait nous éclairer de la ville
Plus tard, dirigeant l’Office de la Culture de la même ville, j’ai eu encore recours aux conseils de René et pour élargir mon champ de compréhension, ai compté parmi les « élèves de l’Observatoire ».
René c’était l’engagement citoyen sans que jamais cette part de lui-même ne s’exprime au détriment de la réflexion, de l’analyse.
J’ai peur qu’avec le départ de ce « très grand » s’achève une période et que les temps présents soient à la modélisation, à la technique bien plus qu’à l’enthousiasme, à une certaine générosité sociale ; peur que nous ne manquions pas d’ingénieurs de la culture mais que les visionnaires deviennent rares.
Robert VERHEUGE, Directeur du Cabinet Phôsphoros, Institut de Métiers de la Culture en Midi Pyrénées
René Rizzardo avait le sérieux appliqué et la rigolade facile, un bon vivant.
René Rizzardo c'est une écriture que j'ai lue bleue : de longues pages qui venaient par le courrier pour ouvrir une dispute sur le rôle des artistes dans la gestion d'un établissement, la danse qui pointait son nez imprévu dans les politiques culturelles à la toute fin des années '70.
René Rizzardo écrivait ses questions, ses désaccords, ses attentes, pour les territoires et les publics à ne pas oublier. Etre décontenancé finissait par l'amuser mais il laissait, non pas sa carte de visite, mais un sens moral, toujours ouvert.
René Rizzardo, c'est un peu comme Maurice Fleuret. Vous lisiez trois lignes ou entendiez deux ou trois phrases d'eux et vous repartiez non pas un autre mais soi en mieux. De l'un et l'autre, j'ai pris ce qui m'oriente; et s'ils sont morts, la vie avec eux continue, continue.
Jean-Yves Langlais, Directeur général, Paris-Ateliers
Pour moi René fut trois personnes différentes.
Il fut tout d’abord le Directeur de l’Observatoire des politiques culturelles.
Nous étions en 1995.
À la suite des élections municipales et des négociations en catimini entre l’Etat, les villes et la Région, l’Acbhl Scène Nationale dans laquelle je travaillais à l’époque, était condamnée… J’étais le dernier à quitter les lieux en cet automne. Je me hâtais avec lenteur à ranger mes affaires dans cette Maison des cultures frontières de Freyming-Merlebach, qui avait été, sous la direction de Jean Hurstel, le siège de l’une de plus formidable expérience d’action culturelle dans la France des années 80/90.
Dans la tristesse de ces journées, il y eu cet appel au téléphone.
Cet accent.
Ce flottement musical qui faisait ce timbre unique qui me manque déjà. René Rizzardo me posa une question précise, sans émotion. Il ne me dit pas son soutien, mais il s’adressa à moi de manière incisive et professionnelle. Un appel dans la solitude d’une déroute. Un appel simple et courageux et une remarque qui me prit au dépourvu. Pourquoi tu n’écris pas au Ministre ?
Il fut un compagnon de route ensuite. J’étais alors sur la planète Europe, à la direction du réseau Banlieues d’Europe dont le siège était à Strasbourg. J’y étais une sorte de réfugié politique ! Les conseils ne manquaient pas d’être utiles pour mon travail de fildefériste toujours à la limite de la rupture. Nous nous appelions souvent. Pour dire l’avancée de nos projets et échanger des idées.
René savait mettre des mots sur le travail d’animation d’un réseau culturel auquel je me suis consacré pleinement durant huit ans. Je me souviens de la métaphore de la fourmilière. René posait pourtant une sorte de distance très … française à l’égard de cette Europe pour laquelle je me battais ! Ce fut une discussion constante entre nous. Un débat. J’étais l’européen convaincu et souvent critique des positions françaises. René gardait sur ces sujets une vision plus hexagonale. Nous prîmes pourtant ensemble le chemin de Bruxelles pour y rencontrer les collègues de la commission en charge de la culture. Nous mîmes en place un réseau de chercheurs européens. Je n’oublie rien de ces moments, ni de ses conseils, ni de son humour, ni surtout de ses qualités de marcheur dans les rues des villes !
Il fut un ami enfin. Je le retrouvais avec plaisir sur la route avec Jean Pierre et l’équipe de l’Observatoire. En 1998 il anima un colloque en Lorraine à Nilvange où il me fit le plaisir de me convier.
Arcelor n’était pas encore Mittal mais on sentait bien déjà les fumées moins nombreuses dans cette vallée des anges.
Au matin, nous montâmes jusqu’à la vierge qui surplombait la sidérurgie parce que Smaïn Mebarki y voyait mieux le paysage ! Nous en aurons fait des efforts les uns pour les autres, histoire de rester mêlé à l’histoire et de croire à nos avenirs.
Catherine Trautmann passait en vedette américaine au café musique le Gueulard et nous suivions presque hésitants avec René … Manu, la directrice du lieu séchait une larme dans un coin et je regardais Mauro ranger la sono.
Tout cela était triste et beau comme au théâtre et la présence de René dans cet espace culturel alternatif était si juste, si forte qu’il reste encore dans l’esprit de ce lieu.
Je voyais pousser mes enfants dans les bras fluides de la Sarre et je savais qu’il était temps de passer à autre chose. En 2002, retrouvant la Lorraine et la direction culturelle d’une ville, je me souviens des mots d’encouragement de René.
Et puis le temps et la géographie distendent… ils ne rapprochent que rarement. J’obtenais de ses nouvelles par des amis communs. Nous nous écrivions rarement.
Mais il sait l’ami lointain que je n’oublie rien.
Jamais.
Hervé Atamaniuk
C'est une très triste nouvelle. J'ai revu René Rizzardo au colloque du cinquantenaire du Ministère, il était comme toujours savant, aigu dans ses remarques, généreux et attentif. Et il m'avait proposé de travailler avec lui à une opération dont il s'occupait. Nous n'en aurons pas l'occasion.
Pierre-Michel Menger, EHESS
Je voudrais prolonger les hommages qui sont adressés à la mémoire de René en disant simplement que si un jour un historien consciencieux décide de faire une analyse fouillée de l'histoire du ministère de la culture et des politiques culturelles locales, il lui faudra donner une place centrale à celui qui a toujours été au carrefour non seulement de tout ce qui se faisait mais surtout de ce tout qui se préparait de nouveau et de significatif. Si la politique culturelle française a évolué, on devra dire que c'est autour de René que toutes les grandes évolutions ont eu lieu, avec sa capacité incomparable de saisir ce qui portait sens même loin des références qui étaient les siennes à l'origine. C'était du temps où il y avait encore des discussions mêmes vives autour du sens des politiques culturelles et il en a été un fameux militant. Merci René.
Jean-Michel Lucas
La disparition de René Rizzardo affecte douloureusement le monde des hommes de culture, celui des hommes de conviction, celui des hommes de « bonne volonté », il était, avant tout, les trois à la fois ; adjoint à la culture à Grenoble alors qu’Hubert Dubedout en est le maire, René Rizzardo participe avec exigence et rigueur à cette expérience qui fait de la ville un laboratoire. Homme de culture, il la défend avec acharnement sur tous les fronts ; homme de conviction il impose des créateurs du plus haut niveau là où alors on les attendait le moins, auprès du plus grand nombre ; homme de bonne volonté , en toute occasion, c’est l’intérêt général qui le guide. La création de l’Observatoire des politiques culturelles qu’il dirige jusqu’à une date récente et qui devient une référence nationale se situe à l’exact opposé d’une conception élitiste de la culture et la place au premier rang des politiques publiques. Enfin, sa disparition affecte les membres de sa famille proche qui habitent Pont de Claix à la douleur desquels en tant que maire et au nom de toute la municipalité, je m'associe.
Christophe Ferrari, maire de Pont de Claix, vice-président de la Métro
Je m’incline avec respect et gratitude devant la mémoire de René Rizzardo, acteur engagé et convaincu du développement culturel de notre pays. Jamais il ne se contenta de simplement observer une réalité qui lui aurait été indifférente et étrangère. Son travail rigoureux n’aura jamais émoussé ni sa passion pour la culture ni sa conviction qu’il appartenait bien aux collectivités publiques de se mobiliser pour qu’elle devienne une réalité riche, diverse et partagée par tous ceux qui vivent dans notre pays.
Cet homme, dont les convictions politiques étaient solides et connues, n’a, en vrai démocrate, jamais répugné au dialogue. C’est toujours avec respect qu’il a su considérer la diversité des opinions pour autant qu’elles s’attachent à promouvoir le progrès, la justice et l’intelligence.
A ses proches, à ses amis, j’adresse mes pensées fraternelles.
Jean-Jacques Aillagon, Ancien Ministre
Les membres du Conseil d’administration et l’équipe technique de la Fondation Interarts souhaitent transmettre, depuis la ville de Barcelona, leurs sincères et plus vives condoléances à toute la famille, amis et compagnons de René Rizzardo. Tout au long de ces dernières vingt années d’histoire des politiques culturelles, nous avons pu partager avec lui, à Grenoble et à Barcelona, de nombreux moments et apprendre, grâce à lui, beaucoup de choses sur la pertinence de l’action culturelle à échelle locale et régionale, sur comment se déclinent les relations entre culture et développement ou comment mettre en pratique un observatoire. Cette relation fut particulièrement intense avec notre fondateur, Eduard Delgado, disparu en 2004. La valeur intellectuelle et la trajectoire professionnelle de René Rizzardo resteront longuement présentes dans notre travail quotidien et dans notre mémoire.
Interarts
J'ai rencontré René Rizzardo de nombreuses fois comme étudiant du master de l'Observatoire, mais aussi en tant qu'administrateur et Président de Culture et départements, Il accordait une trés grande importance au CLIDAC, le réseau des réseaux de directeurs d'affaires culturelles des collectivités territoriales, qui organise les deuxièmes assises des DAC à Toulouse les 6 et 7 mai prochain. A Barcelone, où nous avions passé trois jours avec la fédération Arts Vivants et départements en décembre 2008, il m'avait dit toute l'importance qu'il voyait dans ce regroupement professionnel et dans sa capacité à être un de ces échos dont parle François Deschamps dans son message. Il m'avait encouragé pour œuvrer à ce que nos différentes associations s'entendent et au-delà de nos différences saisissent l'importance des évolutions politiques culturelles actuelles. Il était un fervent défenseur des politiques culturelles des collectivité territoriales, et j'en avais plusieurs fois discuter avec lui. Dans les colloques du Sénat des années 90 de Culture et départements, il nous avait plusieurs fois rappelé les enjeux et les défis de nos collectivités locales. Ses propos étrangement plus de dix ans après gardent toute leur actualité.
Et puis il était simple et très attentif aux autres. Je n'oublierai pas son sourire la dernière fois que je lui ai serré la main au Sénat en décembre dernier.
Amitié à tous ceux qui étaient ses proches.
Vincent Lalanne, Consultant, Ancien directeur d'ARTEL 91, Président de Culture et départements de 2007 à 2009.
Aux membres de l’Observatoire
C’est une grande émotion que je ressens au départ de René, et je tiens à partager avec tous les membres de l’Observatoire cette immense tristesse du deuil.
Je n’étais pas l’un de ses familiers, mais la vie professionnelle nous a amenés à faire un bout de chemin ensemble ; j’ai eu le privilège de coopérer avec lui comme directeur de l’Observatoire lorsque j’étais en charge du DESS de Direction de projets culturels à l’IEP et ce pendant plus de 10 ans. Bien que son itinéraire personnel ait passé par l’éducation populaire, il a très tôt compris la nécessité de la formation universitaire des cadres culturels et l’a toujours soutenue. Je garderai le souvenir d’un homme qui abordait les problèmes humains comme ceux d’une course en montagne, une perception juste de la voie, une simplicité parfois désarmante ; un homme aussi qui a su maintenir les valeurs sur lesquelles il avait fondé son projet social et politique, et je suis reconnaissant à lui qui avait l’écoute des grands, d’être resté proche de tous.
Jean-Paul Bozonnet
J’ai appris avec une immense tristesse le décès de René Rizzardo
Je n’oublierai jamais la générosité avec laquelle il m’a accueillie à l’Observatoire, moi qui venais de l’autre côté de la terre.
Sa simplicité était aussi grande que son érudition, ce qui est le propre des grands hommes.
Il restera un exemple à suivre pour tous les acteurs culturels par son engagement en faveur de la culture et par ce biais en faveur de la liberté, de la créativité et de la diversité culturelle.
Je présente à ses proches ainsi qu’à toute l’équipe de l’Observatoire mes plus sincères condoléances et m’associe à leur peine dans cette douloureuse épreuve.
Pascale Deplanque
Hommage à René Rizzardo
Cette bien modeste Lettre culturelle est dédiée à René Rizzardo qui nous a quittés le 7 avril 2010.
Figure majeure de la décentralisation culturelle en France, ardent défenseur de la place de la culture dans les politiques publiques, captivant analyste, médiateur hors pair entre les élus, les artistes, les professionnels de la culture et les chercheurs, inlassable défricheur de toutes voies qui permettent de faire rimer la culture, l’art et les territoires, René Rizzardo était tout cela et bien davantage encore.
En toute simplicité, il savait pratiquer cet art si rare de rendre communicative son optimisme, son énergie et sa vision exigeante. Impossible d’être tout à fait les mêmes après l’avoir rencontré, écouté ou lu.
René Rizzardo était à nos côtés lors du premier séminaire Culture qui a été organisé à Privas le 4 décembre 2007 en partenariat avec l’Observatoire des politiques culturelles. Tous, nous gardons en mémoire son invitation à travailler en réseau, à décloisonner les rôles, à être des guetteurs d’innovation pour rendre l’art indispensable aux gens, partout et pas seulement dans les institutions. Le droit à la culture ne peut s’exercer que si tout le monde se mobilise nous a-t-il lancé.
De la mémoire collective, René Rizzardo disait toujours que c’était un facteur puissant de maîtrise de l’avenir. Forts de son héritage, à nous maintenant de continuer à inventer toutes les formes de socialisation de l’art et de la culture.
Helga Sobota, Directrice de la Culture du Conseil général de l’Ardèche
Bonjour à toutes et à tous,
C'est avec tristesse que j'ai lu le mail. Après Augustin Girard, l'OPC vient de perdre son deuxième père et le monde de la culture une de ses personnalités les plus marquantes.
Xavier Dupuis, Université Paris Dauphine
C'était en effet un Grand Frère. Une sorte de sagesse lente qui œuvrait en douce dans nos esprits anxieux, pressés, parfois compliqués. Surtout quand, dans ces années 1980 enfièvrées, nous cherchions tous à conquérir des miettes de « territoires ». Lui, René, n'en voulait pas. Il préférait nous regarder et nous guider de plus loin, de plus haut, de ses montagnes. On se moquait d’ailleurs parfois gentiment de lui à ce sujet. Mais il avait raison, profondément raison. Juste un souvenir : quand, après la suppression du Fonds d’Intervention culturelle en 1985, j'avais avec Anne Marie Autissier décidé de créer Eurocréation, l'Agence française des jeunes créateurs, il nous proposa d' en être dans une période politique où il n'y avait que des coups à prendre. Il fut le premier président d’Eurocréation, avant qu'Alfred Grosser lui succède. Je n'oublierai jamais sa décision. Elle fut à l'origine de notre complicité puis de notre amitié. Chère Geneviève, merci de rappeler à ses proches, qu'il fut pour moi un Grand Frère.
Jean-Michel Djian
Cher Jean-Pierre
Ce matin un simple communiqué m’a confronté à la nouvelle de la disparition de René Rizzardo et comme tu l’as succédé à l’Observatoire, c’est à toi que je m’adresse pour exprimer mon chagrin, et présenter mes condoléances à l’équipe.
Un homme intelligent, sensible, à l’écoute, curieux, volontaire - les adjectifs sont tous chargés d’émotion et de sympathie. Je garde depuis des années un souvenir précieux, qui est celui de la venue de René, à ma demande, au premier séminaire des élèves conservateurs du patrimoine à l’INET, la veille de son départ à la retraite, où il avait parlé de l’évolution des politiques culturelles territoriales : ce qui marquait son propos n’était pas son regard sur le passé mais l’immense perspective d’avenir qu’il savait ouvrir.
Récemment encore, quand il m’a demandé des précisions sur la question des écoles supérieures d’art, j’ai eu à faire à un homme qui n’arrêterait jamais à s’intéresser à la vie.C’est ainsi qu’il vivra dans mon avenir.
Bien Cordialement,
Robi Rhebergen, Direction développement culturel, Clermont Communauté
Je mesure et je partage la peine de l'équipe de l'Observatoire au moment où s'en va René RIZZARDO. Fondateur, certes, mais encore présent, avec tant de clairvoyance et de générosité. Son enthousiasme, son expérience et son intelligence nous manqueront.
Hélène BRETON, Vice présidente déléguée à la culture, Midi-Pyrénées
Ma pensée va d’abord à la famille de René, à Josette, leurs enfants et leurs petits-enfants, privés plus encore que nous d’un être rare. René, pour moi, c’est d’abord une présence humaine, chaleureuse et profondément bienveillante. Quelqu’un qui croit en l’autre et qui sait dire au bon moment : courage, tu vas y arriver ! C’est aussi une vision appuyée sur de solides convictions, un homme dépourvu de ces préjugés qui laissent dans l’ombre des pans entiers de la vie culturelle. Cet homme qui était une référence au plus haut niveau dans les politiques culturelles était attentif à l’enfance et à la jeunesse : dans ses responsabilités politiques municipales, il avait consacré une part importante de son inlassable énergie à donner accès, pour tous les enfants et les jeunes, à la culture et aux pratiques artistiques ; en tant que directeur de l’Observatoire des politiques culturelles, et dans le rôle important qu’il a joué auprès du comité d’histoire du ministère de la Culture, il a suscité et conduit des travaux de recherche sur l’éducation artistique, et a porté en toutes circonstances cette préoccupation du partage de la culture. Lorsque nous travaillions ensemble sur l’histoire du partenariat entre la culture, l’éducation et les collectivités, ou bien dans les nombreuses formes d’accompagnement de la décentralisation culturelle conduites au sein de l’Observatoire, j’ai pu voir de près et éprouver moi-même le respect qu’il provoquait chez ses interlocuteurs ainsi que la finesse de ses analyses. J’ai plus d’une fois croisé la route de personnes à qui il a donné la force d’entreprendre, d’accepter de nouvelles responsabilités, tout simplement parce qu’il leur avait exprimé sa confiance. Quant à son talent pour faire naître de l’intelligence collective, quel meilleur maître que René pour apprendre à écouter, à animer, à réaliser des synthèses qui ne fassent pas fuir une salle rompue de fatigue par une ou deux journées de débats – synthèses qu’on attendait même avec gourmandise –, à faire émerger des solutions adaptées aux territoires et aux forces de ses acteurs ? Quelques mots simples, souvent malicieux, quelques fortes idées, et nous savions que nous n'avions pas perdu notre temps, que ces discussions étaient nécessaires. J’ai eu cette chance d’apprendre à ses côtés et je lui en garde une profonde reconnaissance.
Marie-Christine Bordeaux, maître de conférences à l’université Stendhal de Grenoble, ancienne conseillère en DRAC pour l’éducation artistique, ancienne chargée de mission pour l’Observatoire des politiques culturelles
Chère Geneviève,
Comme nous tous je suis profondément touché par l'annonce du décès de René. Pour moi, il était l'une des belles figures militantes que j'avais rencontrées rue de Valois dès mes premiers pas en 1981. Son avis, sa sagesse, sa tolérance et sa longue expérience nous avaient été précieuses. Mais au-delà c'est aussi et c'est peut-être plus rare encore un ami que j'ai été heureux de retrouver au Comité d'histoire et que j'aurais eu plaisir à mieux connaître dans sa région comme j'en avais le projet avec la perspective d'un peu plus de loisirs. Je suis d'autant plus triste de ne pouvoir être auprès de sa famille et de ses amis vendredi.
Dites moi ce que je peux faire pour témoigner de ma tristesse et de mon affection.
Bien fidèlement,
Jacques Sallois
Quelle tristesse et quelle perte pour notre communauté culturelle qu'il a éclairée de son expérience depuis l'équipe Dubedout à Grenoble et de ses travaux de recherche à l'Observatoire des politiques culturelles. Tout cela est d'actualité plus que jamais aujourd'hui.
Nous avons beaucoup de peine.
Florence Contenay, membre du Comité d'histoire
Je suis consterné et profondément attristé à l'annonce du décès de René Rizzardo. Mon estime pour l'homme et pour son engagement en faveur de la culture a toujours été constante, très forte et très profonde. Dès nos premiers contacts j'avais apprécié son ouverture d'esprit,ses grandes qualités humaines et sa compétence. Toujours à l'écoute de tous les engagements qui permettaient à la culture de se développer, de gagner du terrain auprès du plus grand nombre il n'a cessé de militer et d'agir en ce sens. Ses écrits font autorité et resteront des textes de références pour tous ceux qui sont, comme lui l'était si fortement, engagés en faveur du rayonnement culturel. René Rizzardo est sans nul doute irremplaçable par l'étendue de son expérience et de sa connaissance de tous les terrains à Paris dans nos régions comme au niveau européen. La culture perd un de ses plus éminents serviteurs.
Robert Grossmann
J'ai l'impression d'avoir perdu un compagnon comme on perd de vue un éclaireur dans une bataille. On était avec lui, il nous manque, mais on continue vaille que vaille avec lui. Car si je n'étais pas l'un de ses plus proches, il avait été présent à deux moments forts de ma vie professionnelle. Il avait été mon premier interlocuteur à Grenoble pour la négociation de la première « Charte culturelle » à l’automne 1974. Ce n’était pas gagné d’avance, vu les circonstances politiques de l’époque, mais Grenoble était un modèle, et sans ce succès fait de tâtonnements communs, il n’y aurait peut-être pas eu les autres chartes. Plus près de nous, alors que nous étions ensemble au Comité d'histoire, il m'avait demandé de participer à son projet devenu le livre "Une Ambition Partagée". J’avais eu quelque peine à lui fournir l’article demandé sur le cinéma, mais il y avait mis tant de confiance, d’obstination, et d’attention, que j’avais fini par en venir à bout, pour lui et avec lui. Il devrait y avoir une médaille spéciale associant les vertus du montagnard et les exigences du citoyen pour des hommes comme René.
Alain Auclaire, Ancien administrateur civil au ministère de la Culture, Vice-Président du Comité d’Histoire du ministère de la Culture
Since the 1980s, I had the privilege to know René Rizzardo and the chance to collaborate with him on several occasions, mainly in the context of projects and conferences of the Council of Europe or of the Observatoire des Politiques Culturelles, Grenoble. His - still rare - ability to synthesize political and innovative cultural thinking will never be forgotten.
Andreas Johannes Wiesand, Executive Director, European Institute for Comparative Cultural Research (ERICarts)
Madame la présidente, chers amis du comité d'histoire,
La nouvelle de la disparition de René Rizzardo nous attriste tous, tant son nom était attaché à tout un secteur d'analyse des politiques culturelles. Sa connaissance des collectivités territoriales lui avait conféré une autorité reconnue pour la fonction d'évaluation, qu'il avait contribué à créer et à rendre familière dans le paysage administratif et politique. Difficile aussi d'oublier sa silhouette et son regard aigu, et le sérieux un peu gouailleur qu'il mettait dans toutes ses interventions... Je partage votre tristesse et vous adresse mes condoléances sincères, avec une pensée particulière pour Geneviève.
Avec ma fidèle amitié
Isabelle Balsamo, conservatrice générale du patrimoine, chef de l'inspection des patrimoines
René Rizzardo était un homme de qualité, efficace, désintéressé, fidèle en amitié. Ce qui a été fait par l'Education nationale en matière d'action culturelle à l'école, dans les années 80 et ensuite, ne pouvait réussir que si des responsables locaux savaient s'en saisir, concrétiser les opportunités offertes et, par là-même, valider l'intérêt de la politique suivie. René Rizzardo a été au tout premier rang de ces responsables, trop modeste pour mesurer que l'engagement d'un élu d'une ville considérée comme un laboratoire d'idées dans le domaine social, était essentiel pour conforter la politique d'action culturelle au sein de ce grand ministère.
Son action locale a eu ainsi très tôt une portée nationale, dont on sait qu'elle s'est très vite élargie, l'amenant à jouer un rôle apprécié de tous ceux qui croient à la nécessité de l'action publique dans le développement culturel. Un mot encore pour rendre hommage à tout ce qu'il a fait pour promouvoir la notion de « partenariat » en ce domaine, au plan de l'action et à celui des idées. Notion banale, car si souvent et depuis si longtemps évoquée dans le discours, mais notion essentielle, toujours à ré-inventer sur le terrain. C'est peut-être un des aspects de son action dont je lui suis le plus reconnaissant car elle a été à l'origine d'initiatives qui ont compté dans l'éducation d'un très grand nombre de jeunes ; je tiens à en porter témoignage. J'ai été ému en apprenant qu'il nous a quitté si jeune et je souhaite que son action se poursuive au sein de l'Observatoire qu'il avait fondé.
Jean-Claude Luc, ancien Chef de la Mission d'action culturelle et des projets d'action éducative au ministère de l'Education nationale.
J'ai appris tôt hier le décès de René. Une autre grande tristesse. Deux personnages aussi marquants, dans une période de moins de 12 mois, après Augustin, c'est trop. Si Augustin a été un homme d'exception, comme l'a exprimé René lui-même, René a été un homme de conviction. Un engagement indéfectible, sans compromission. Il aura fondé un Observatoire qui en inspirera plusieurs dans le monde, tous adaptés aux contextes de ces pays.
Avec un jugement sûr et une vision de l'importance de la culture au plan local, René s'est engagé à fond dans le développement culturel local et régional. Je me souviens si bien de nombreuses discussions au Québec, à Paris et à Grenoble sur l'important rôle des communes dans le développement culturel. Il avait eu tôt cette prémonition que le développement culturel était impossible avec la seule action de l'État. Aujourd'hui, nous savons bien qu'une politique culturelle nationale ne peut se déployer complètement sans une implication majeure des communes et des régions. Doté d'une personnalité attachante, avec un verbe clair, il était capable de synthèses lumineuses qui permettaient de tirer une ligne juste de débats et qui témoignaient de la vision large de l'homme. Nous avions à l'occasion eu des échanges épistolaires par la magie du courriel qui me soufflait une énergie nouvelle à chaque fois.
Il me manquera beaucoup.
Gérald Grandmont, membre du comité d'histoire
René Rizzardo, militant, expert, conseiller, animateur
Nous avions espéré que René puisse malgré sa maladie continuer à vivre plusieurs années encore les aventures qu’il avait lancées, à en imaginer de nouvelles, à conseiller leurs promoteurs, à mettre en relation les acteurs et animateurs du monde de la culture et de la création, à participer aux réflexions en cours, à clore brillamment les colloques et journées d’études où il était invité, à informer par l’écrit et l’oral, à poursuivre ses voyages en France et en Europe. Le mal terrible dont il souffrait sans toujours le laisser paraître nous a enlevé ce 7 avril 2010 sa lumineuse présence, sa constante disponibilité, son humour et ses toujours précieux éclairages. Il va énormément manquer aux deux organismes dont il a été parmi les fondateurs et sans conteste le principal animateur, l’Observatoire des politiques culturelles et le Comité d’histoire du ministère de la Culture, mais aussi au ministère lui-même, aux directions régionales des Affaires culturelles, aux élus et administrateurs des collectivités territoriales, aux institutions culturelles et aux créateurs, sans oublier bien entendu les Grenoblois et les Rhônalpins.
Le parcours de René Rizzardo au service des politiques culturelles est exceptionnel. Le militant politique engagé à gauche et l’ancien animateur de Peuple et Culture qu’il était a constamment, et sans renier ses convictions, été à l’écoute de toutes les opinions. Il a rassemblé des hommes d’horizons différents, fait émerger des générosités latentes, suscité initiatives et innovations. Dénué de tout dogmatisme, il a été un partisan déclaré de la concertation et a toujours recherché le consensus.
Né le 24 mars 1942, issu d’une famille modeste de l’immigration italienne, il a fait des études techniques courtes qui n’ont pas été pour lui un handicap. Le militantisme d’éducation populaire à PEC et son action au sein de l’équipe municipale d’Hubert Dubedout sous la houlette attentive de Bernard Gilman, qui l’a précédé comme maire-adjoint chargé de la culture, ont été ses « universités » : c’est dans ces années-clés pour lui qu’il s’est formé à la fois intellectuellement et politiquement, qu’il s’est ouvert à l’international, à l’Europe et à l’Afrique, qu’il a acquis l’amour de l’art et des artistes, qu’il est devenu l’expert écouté doté d’une intelligence capable de vision à long terme.
Ses mandats à la mairie de Grenoble de 1965 à 1983 l’ont propulsé dans l’action publique culturelle. Dès avant la création de l’Observatoire des politiques culturelles en 1989, René Rizzardo est engagé en 1983 en tant qu’expert dans le projet « culture et régions » du Conseil de l’Europe destiné à favoriser la coopération culturelle entre régions d’Europe et à développer une documentation sur leurs projets culturels et des formations. Durant cette féconde décennie 1980, il collabore régulièrement avec le service des études et recherches d’Augustin Girard sur des travaux d’analyse des responsabilités culturelles des collectivités territoriales, sur la décentralisation culturelle, sur les partenariats financiers de l'État et des collectivités territoriales. En 1986, il participe à l’évaluation de politiques culturelles d’Annecy et de Rennes. Les compétences d’ancien élu à la culture de René Rizzardo sont par ailleurs utilisées par le directeur du développement culturel, Dominique Wallon, qui le charge de deux rapports, l’un sur la formation des professionnels de la culture, l’autre sur les relations entre les DRAC et les rectorats dans cinq régions pilotes. Parallèlement est créé en Avignon à l’initiative de Bernard Faivre d’Arcier le centre national de formation d’Avignon (CFNA) dirigé par Bernard Gilman. René Rizzardo est recruté par ce centre pour participer à la formation sur la base d’un projet de « département collectivités territoriales » chargé de former les directeurs des affaires culturelles des collectivités territoriales. En 1987, Augustin Girard demande à René Rizzardo de rédiger un projet de centre d’études sur les politiques culturelles territoriales qui devient l’année suivante le projet d’observatoire des politiques culturelles. Quand Jack Lang redevient en 1988 ministre de la Culture, Jacques Renard, son directeur adjoint de cabinet, appuie fortement l’idée de l’OPC. Durant l’année 1988, de nombreuses réunions permettent d’en dessiner les contours et les soutiens financiers. Le colloque organisé à Grenoble les 1er et 2 décembre 1988 sur « coopération des collectivités publiques et action culturelle » par le SER et l’Université des sciences sociales de Grenoble entérine la création de l’Observatoire des politiques culturelles, officialisée en janvier-février 1989 et dont René Rizzardo est nommé directeur. Il quittera son poste en 2002, atteint par l’âge de la retraite.
Pendant les treize ans où il a dirigé l’OPC, René Rizzardo a déployé une énergie inlassable au service des politiques culturelles et de leur coopération avec l’Etat. Il a constamment été mobilisé sur deux fronts.
En tant que directeur de l’OPC, il a su forger une équipe remarquable, trouver des fonds pour faire vivre l’institution, nouer des partenariats avec les organismes publics intéressés (DATAR, Caisse des Dépôts, Plan urbain, CNFPT, etc.), avec les associations d’élus et avec les organisations professionnelles de la culture, lancer des chantiers d’étude dont beaucoup ont été innovants (sur l’évaluation des politiques culturelles, la décentralisation, la coopération intercommunale, le développement local, la gestion des équipements, l’éducation artistique, etc.), organiser des journées d’études, créer avec l’Université Pierre Mendès-France de Grenoble un DESS « Direction des projet culturels », monter un centre de documentation et lancer une publication qui est devenue indispensable à tous les acteurs de la vie culturelle.
En tant qu’expert, il a été sans relâche sollicité pour intervenir dans de nombreux colloques et rencontres à la demande d’organismes de recherche, d’associations d’élus, de directions régionales des affaires culturelles, de mouvements d’éducation populaire ; il a été membre de nombreux conseils d’administration associatifs ; il a collaboré avec de nombreuses organisations des collectivités territoriales (fédérations de collectivités ou associations d’élus et d’administrateurs culturelles) à la mise en œuvre et à l’évaluation de leurs politiques publiques ; la plupart des ministres successifs de la Culture ont mis à profit ses compétences pour éclairer certains problèmes dans le champ des politiques culturelles : Jack Lang lui a commandé un important rapport La décentralisation culturelle : rapport au ministre de la Culture et de la Communication publié à la Documentation française en 1990 ; en 1997, il a été un membre actif de la commission d’étude de la politique culturelle de l'État (Commission Rigaud) et du conseil d’aménagement et de développement du territoire ; il a contribué au programme de formation internationale du ministère « Courants » ; en 2000, il a présidé le groupe national de suivi et d’évaluation des protocoles de décentralisation culturelle et publié le rapport qui a été rédigé sur ce dispositif en 2003 ; il a par ailleurs été constamment un consultant avisé du service des études et recherches du ministère, devenu le département des études, de la prospective et des statistique (DEPS).
Parallèlement à ses responsabilités hexagonales, René Rizzardo a beaucoup œuvré au niveau international, européen et africain notamment. Interlocuteur essentiel du Conseil de l’Europe, il est chargé du rapport final du programme « villes et culture », il est expert-consultant auprès du projet 10 « culture et régions » en 1990-1991 ; après l’audition de la Région de Navarre en décembre 1989, il est envisagé de créer un observatoire européen des politiques culturelles dont le projet est confié à l’OPC, mais qui n’aboutit pas. Dès 1990, l'Observatoire participe à l'animation d'un réseau européen des organismes de formation des administrateurs culturels mis en œuvre par le Conseil de l’Europe et publie un annuaire des formations culturelles en Europe. Une autre thématique chère à René Rizzardo est la coopération décentralisée et l’appui aux collectivités territoriales engagées dans cette action : en 1992, l’OPC publie l’étude « action culturelle et coopération internationale », en 1993 les actes du colloque de Marseille Dialogue culturel nord-sud et collectivités territoriales et en 1996 Les collectivités territoriales : vers une politique de relations culturelles internationales ? Cet intérêt pour l’international a poussé René Rizzardo à participer à l’animation d’associations telles que Culture et développement et l’agence d’initiatives des jeunes en Europe Eurocréation.
Parvenu à l’âge de la retraite, René Rizzardo, tout en poursuivant son travail d’expert et de consultant, a contribué avec générosité à la fondation par Augustin Girard du comité d’histoire du ministère de la Culture et de la Communication dont il a été membre jusqu’à sa disparition. Il a notamment œuvré dans ce cadre à la mise en place d’un important chantier d’études sur le partenariat Etat-collectivités territoriales en matière culturelle dont il aura vu l’achèvement par la publication de l’ouvrage Une ambition partagée ? La coopération entre le ministère de la Culture et les collectivités territoriales (1959-2009) (Comité d’histoire du ministère de la Culture, 2009). Il aura pu aussi assister avec sa vivacité habituelle à deux commémorations en cette année 2009 : le cinquantenaire du ministère et les vingt ans de l’Observatoire.
Deux institutions qui lui doivent tant…
Texte rédigé par Pierre Moulinier au nom du Comité d'histoire
Ancien fondateur et directeur de l'Observatoire des politiques culturelles installé à Grenoble René Rizzardo était un infatigable militant. Membre du comité d'histoire du Ministère de la Culture et de la Communication, il venait de publier avec Philippe Poirrier à la documentation Française Une ambition partagée ? La coopération entre le ministère de la Culture et les collectivités territoriales (1959-2009). Livre indispensable pour comprendre la construction du partenarial entre État et collectivités mais aussi la montée en charge des questions culturelles. René avait dans sa besace de nombreuses expériences et en particulier celle de Maire Adjoint à la culture de Grenoble dans les années 80, ville laboratoire alors en pleine effervescence ! Homme fidèle aux valeurs progressistes, René était profondément attaché au
service public de la culture. Promoteur de la formation des élus, de la mise en réseau des professionnels, il allait mener avec exigence et engagement son travail de réflexion sur les politiques culturelles ; travail amplement reconnu et repris par les acteurs culturels. C'est
ensemble que l'année dernière, pendant le festival en Avignon, dans le cadre des rencontres du CIDEFE avec la Maison Jean Vilar, nous avions proposé cette table ronde avec Bernard Faivre d'Arcier sur les cinquante ans du ministère de la Culture. Comme à son habitude, René avait privilégié la concision, cherchant à mettre en avant l'essentiel pour amener à une vraie réflexion sur l'avenir. René, loin d'avoir été un technicien de la chose culturelle, était avant
tout un homme engagé, un humaniste, pour tout dire, un compagnon de route, René n'était pas du côté des partisans aveugles mais bien du côté de ceux qui cherchaient inlassablement des voies neuves, émancipatrices – ce sont ces chemins qu'il nous faut pourtant construire sans lui. Et pour ceux qui le souhaitent le plaisir de retrouver René en Avignon lors de la table ronde du CIDEFE en Juillet 2009 à travers un enregistrement. http://maisonjeanvilar.org/public/03_activites/rencontres/2009/le-ministere-de-la-culture-a-50-ans.html
Florian Salazar Martin
POUR RENÉ RIZZARDO
Notre fidélité à la mémoire de René Rizzardo ne saurait être seulement commémorative. Tout a été dit sur son parcours exemplaire, sur sa générosité, sa disponibilité, son courage et son humour ; mais le souvenir de son exigence intellectuelle, de ses questionnements, de ses indignations doit encore nous inspirer pour les temps qui viennent. C’est par là qu’il restera vivant parmi nous et en nous.
C’est ainsi qu’il est un magnifique exemple de vocation culturelle. Il devrait nous inciter à réfléchir, notamment au Comité d’histoire du ministère au sein duquel il a été fort actif, à l’étonnante diversité des profils humains des gens de culture, telle qu’on peut l’observer depuis les années 1950. Il y avait auparavant les « corps savants » que sont les archivistes, les conservateurs de musées, les bibliothécaires, les archéologues et les architectes des monuments historiques ainsi que les professionnels du spectacle vivant, formés le plus souvent sur le tas et, bien sûr, avant tout les artistes, créateurs et interprètes ; mais rares étaient les « gestionnaires » de la culture, commis aux écritures d’ailleurs peu considérés. On a vu naître, dans les années cinquante, les animateurs culturels et, à partir des années 60, les administrateurs du ministère de la culture, puis les élus des collectivités territoriales chargés de la culture ; le développement d’institutions culturelles de plus en plus autonomes a entraîné la création de véritables métiers de la gestion culturelle, dans ces collectivités et aussi, désormais, dans les entreprises, publiques et privées, engagées dans le mécénat. Autant de vocations nées souvent de circonstances qui auraient pu n’être que passagères mais qui, souvent, sont devenues des choix de vie. Rizzardo en est un des plus beaux exemples : militant d’éducation populaire, puis pendant de longues année adjoint à la culture à Grenoble, il est devenu un expert au plan national et international, fondateur d’une institution reconnue, qui lui survit.
La culture aura ainsi été pour beaucoup d’hommes et de femmes une vocation, au sens plein du mot. Ce qui aurait pu n’être qu’un passage, une expérience parmi d’autres, est devenu pour eux l’engagement de toute une vie, comme si le « virus » de la culture les avait marqués à jamais. Il faudrait faire une typologie de ces profils culturels, de ces itinéraires composites mais cohérents, de ces métiers devenus des passions, jusqu’au dernier souffle – comme ce fut le cas pour notre ami Rizzardo.
Jacques Rigaud
De même qu'il y a les rats des villes et les rats des champs, il y a les hommes des montagnes et les hommes des plaines. Les hommes des montagnes sont résistants, tenaces et courageux. Lorsqu'ils descendent dans la plaine ils y apportent une certaine acuité du regard, des convictions solides et une certaine distance par rapport aux bassesses des hommes de la plaine. On sent qu'ils ont laissé là-haut leur vieux chalet et qu'ils n'aiment pas quitter les cimes.
René Rizzardo était un homme de la montagne.
Christian Pattyn
René était un homme d¹exception, un homme de service public.
Il fallait l'être pour avoir l'idée de créer cet Observatoire des politiques culturelles, qui demeure unique, un observatoire attentif aux problématiques et évolutions de notre temps, réunissant universitaires et chercheurs avec ceux qui ont à orienter et décider. L'OPC aura été pour moi ce lieu de rendez-vous exceptionnel.
Ce que René a créé demeure tel qu'il l'aura voulu, évolutif et ouvert sur le monde. Quel plus bel hommage peut lui être rendu !
Marie-Thérèse François-Poncet





